Rencontre avec Marie-Nour Belouneh ; ancienne étudiante MEGEN et directrice de la librairie française à Copenhague.

Le temps d’un weekend à Copenhague, Marie-Nour Belouneh décide d’y laisser ses CV, lassée de son job étudiant à Oslo. C’est alors qu’on lui propose le poste de directrice de Den Franske Bogcafé, la librairie française située en plein coeur de Copenhague. Son parcours ?  Notre même master MEGEN ! Elle accepte de nous rencontrer le lundi 7 novembre lors d’un court passage à Paris, pour nous parler de sa nouvelle vie en tant que médiateur culturel au Danemark, nous encourageant alors davantage dans nos projets.

Son parcours

Après avoir effectué une licence en cinéma, puis une licence en LLCE Etudes Nordiques avec le Norvégien comme langue de spécialité, elle passe sa troisième année de licence en Erasmus à Oslo. Lors de sa première année en master MEGEN en 2012, c’est à dire la toute première promo du master, elle fait une courte traduction littéraire, son vœu professionnel étant alors de devenir traductrice littéraire. Finalement, l’idée de traduire un roman entier lui paraissait moins intéressant que d’effectuer deux stages en deuxième année à la place.  Elle est prise pour un stage de 4 mois au festival des Boréales  à Caen ; un stage très pertinent pour une étudiante de notre cursus. Ce stage va s’avérer très formateur pour elle. Elle garde un très bon souvenir de la ville et des personnes qu’elle a rencontrées. Elle repart ensuite à Oslo pour son deuxième stage, cette fois chez Zazie, la librairie française d’Oslo. Cet endroit ayant malheureusement fermé peu après, elle décide de rester à Oslo et de chercher un emploi dans le milieu de la culture. La concurrence avec les jeunes locaux déjà diplômés en culture étant haute, elle trouve un job étudiant et reste pour profiter de la vie norvégienne. 

Peux-tu nous faire une présentation de Den Franske Bogcafé, dont tu es maintenant la directrice ?

C’est la dernière librairie française en Scandinavie, cela fait 11 ans qu’elle a ouvert. Elle est située en plein cœur de Copenhague, dans une rue très passante. J’y fais l’accueil des clients et la gestion des commandes. La majorité de la clientèle sont des Danois, ou bien des francophones. Les clients français passent surtout par curiosité, la plupart sont des touristes. Beaucoup de nos clients danois sont intéressés par le français mais ce sont aussi de simples clients qui aiment s’y installer et prendre un verre de vin et déguster un plat français, car c’est aussi un endroit très « cosy » ! On y vend notamment des smørebrød (ces tartines typiquement danoises généreusement garnies) et des viennoiseries. C’est un véritable lieu d’échange culturel. À Oslo, chez Zazie, c’était plutôt différent car il n’y avait quasiment que des clients norvégiens, peu de Français y passaient. Cette librairie était moins connue, car elle n’était pas située dans une rue très passante, et le côté café était relativement peu développé. Den Franske Bogcafé est aussi recommandé dans plusieurs guides, tels que Un grand weekend à Copenhague. 

Qu’est ce qui est vendu à la librairie ? 

J’ai beaucoup de liberté dans le choix des livres. Je vais notamment commander les livres dont la chronique est parue dans le journal Politiken par exemple.  Nous avons également des rayons de littérature nordique traduite en français, très populaires parmi nos clients français. À vrai dire, il est difficile de juger les goûts des Danois, ils lisent davantage en anglais. On ne vend pas beaucoup de livres bilingues ni de dictionnaires. Le livre  Heureux comme un Danois de Marlene Rydahl se vend bien chez nous, avec le Hygge qui commence à s’exporter partout. La librairie-café étant un concept très nordique, cela colle avec l’idée que les touristes se font des Scandinaves, c’est pour cela qu’elle attire à la fois des clients danois et français.  Les livres de Delphine de Vigan se vendent bien chez nous car elle est très populaire au Danemark. Nous avons d’ailleurs eu la chance de la recevoir le 20 septembre dernier lors d’une séance de dédicaces. La librairie était pleine à craquer.

Comment s’est déroulé le passage de la langue norvégienne à la langue danoise ?

J’ai essayé de prendre des cours de danois pour scandinavophones, mais ce n’était pas très fructueux. Ce qui m’a le plus aidé, c’était de devoir entendre du danois partout pendant mes trois semaines de formation à la librairie. Le téléphone a vraiment été un défi pour moi, notamment à cause du problème des chiffres en danois… Mais j’ai finalement appris à aimer le danois, tout en restant attachée à la Norvège et à sa langue.

Quels conseils  donner aux actuels étudiants du master ?

C’est en partie grâce aux stages de deuxième année que je suis arrivée ici.  Je voudrais ouvrir ma propre librairie nordique à Caen d’ici 10 ans. J’ai déjà un réseau là bas, et cela grâce à mon stage aux Boréales notamment. Mais il y a un défi de concurrence car il y a déjà 11 librairies indépendantes, ce qui est énorme pour une petite ville comme Caen. Je suis également en train de préparer l’examen de traduction Autorisasjonsprøve i oversettelse, organisé par Norges Handelhøyskole (l’École de commerce de Bergen). La première phase de l’examen se déroule à distance; nous avons quelques jours pour rendre une traduction et un commentaire de traduction. Si cette partie est réussie, il faut se rendre à la NHH pour la deuxième phase de l’examen, c’est à dire sept heures de traduction sur table. Les conseils que je peux donner pour ceux et celles qui souhaiteraient passer ce type d’examen est de lire un maximum dans la langue cible, et surtout ne pas négliger la lecture en français pour enrichir son vocabulaire technique, juridique, etc. car beaucoup des textes sélectionnées sont des articles sur l’actualité. Plus on maîtrise sa langue maternelle, mieux on réussit sa traduction. Je vous encourage également à vous mettre en condition lors de la préparation de l’examen afin d’évaluer vos capacités de gestion du temps. Pour ce qui est d’internet, il faut faire attention car cet outil peut vite devenir un piège, dans la mesure où on a tendance à s’éparpiller. Ayez une vision sur le long terme. N’oubliez pas que nous avons la chance d’être exportables ! Saisissez l’opportunité de vivre dans le pays de votre spécialité par dessus tout. Alors, ne baissez pas les bras, fixez vous des objectifs, et n’oubliez pas que la culture française  s’exporte partout !

Un grand merci à Marie-Nour d’être venue nous montrer à quoi ressemble un début de carrière exemplaire d’un(e) ressortissant(e) du MEGEN. 

N’hésitez pas à lui poser des questions : mn_belouneh@yahoo.fr

Le site officiel de la librairie – Leur page Facebook

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