« Des lois et des hommes », un documentaire de Loïc Jourdan.

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À travers le récit de John O’Brien, habitant de l’île d’Inishboffin dans le comté de Donegal en Irlande, c’est la situation de nombreuses autres communautés insulaires en Europe qui est mise en lumière par le documentaire de Loïc Jourdan. La mise en danger de ces populations, de leurs cultures et de leur traditions est directement liée au problème plus large de la surpêche, un phénomène désormais bien connu, qui en plus de menacer la faune et la flore challenge les modes de vie de ceux qui depuis des générations cohabitent avec elles.

Dès le milieu des années 90, du fait de la rentrée de l’Irlande dans l’Union Européenne, le cumule des réglementations draconiennes imposées par la communauté Européenne et de l’apparition de navires de pêche toujours plus gros, les habitants d’Inishboffin et des îles alentours se retrouvent privés de leur moyen de survie ancestrale : la pêche. Le saumon, puis le cabillaud, enfin les espèces servant d’appâts pour la pêche au crabe et au homard – dernières ressources accessibles aux pêcheurs – deviennent intouchables. Quoi de plus absurde, nous dit John O’Brien, que de devoir acheter du poisson surgelé, pêché par des chalutiers étrangers au large des côtes irlandaises, pour pêcher intensivement le crabe, le homard, jusqu’à ce que ces espèces soient à leur tour menacées ? Quoi de plus injuste que d’accuser des pêcheurs insulaires, qui jusque-là vivaient en harmonie avec leur environnement, pêchant pour leur survie, d’avoir épuisé les ressources naturelles de tout un océan ? Quoi de plus révoltant que de priver ces populations de ce qui depuis des générations leur appartient, pour faire le bonheur des lobbyistes, qui eux préfèrent les profits générés par des touristes venus pêcher pour leur plaisir ?

Cette situation n’est pas singulière et nombre se sont battu pour faire entendre leur voix. En écosse, en Bretagne, en Corse, en Belgique, en Suède, partout les réglementations de l’Union Européenne aux profits des grosses entreprises et de l’industrie agro-alimentaire, n’ont fait que desservir les populations locales, isolées, et bien trop souvent oubliées par leur propre gouvernement qui n’a pas su, parfois pas voulu, lutter pour leur survie. Dès 2006 John O’Brien s’est battu, plus tard aux côtés des écologistes d’Ocean 2012, au nom de toutes ces communautés ignorées, dépossédées de leur droits par des représentants peu concernés. Auprès de la Commission de la pêche, à Bruxelles au Parlement Européen, John O’Brien a cherché des soutiens, il a témoigné en sa qualité d’homme de métier, et a gagné la bataille. Depuis 2012 l’Union Européenne reconnaît la situation particulière des communautés insulaires ainsi que leur droit à accéder aux ressources naturelles qui les entourent et dont elles dépendent. C’était la première fois, au sein du Parlement Européen, qu’une personne de terrain, directement impactée par les réglementations imposées par la communauté Européenne, a eu l’occasion de faire entendre sa voix en vue d’influencer les réformes à venir.

Le témoignage d’une longue lutte, pour la survie, contre l’injustice.

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